Mise au POINT . P – agence de …

Je m’avance vers le comptoir et lance un joyeux :

— Bonjour !

Aucune réponse. Aucun client. Trois personnes assises derrière le comptoir, un écran devant chacune d’elle, même disposition de travail, deux mètres les séparent l’une de l’autre. Qui fait quoi ? À qui m’adresser ? J’ai la désagréable sensation d’être malvenu.

Un homme pianote son clavier et semble occupé. Un autre baille aux corneilles. Il est 09h30. Entre les deux, une femme en conversation avec un troisième homme debout en bout de comptoir.

Je me dirige vers l’employé qui semble désœuvré. Je n’ai pas le temps de m’adresser à lui que :

— C’est pourquoi ? me tance une voix féminine.

Sans que rien ne soit dit, je comprends que je dois m’adresser à la femme du milieu :

— Bonjour Madame.

Pas de réponse. J’ai vraiment l’impression d’être un chien dans leur jeu de quilles.

— Je voudrais 5 planches de coffrage, s’il vous plaît. Et j’ai aussi une question de logistique.

— En 3 ou 4 mètres ?

Sa question claque d’impatience et me prend au dépourvu. Avant de venir, j’avais calculé la quantité de planches en fonction des informations techniques données par le site internet de POINT.P.
Il indique que la longueur des planches est de 4 mètres. Il n’est pas fait mention de la longueur de 3 mètres, ni du prix.
Il faudrait que je refasse mon débit matière en tenant compte de cette nouvelle information. Cela me permettrait d’acheter moins de planches.
Au vu de l’ambiance, je renonce.

— En 4 mètres, s’il vous plaît.

Elle me demande mon nom, se remet à taper sur son clavier et annonce :

— Ça fait 52,80 euros.

Je suis estomaqué. Je m’attendais à me faire pigeonner, mais à ce point-là … c’est de l’escroquerie. J’ai bien fait de suivre mon intuition et de venir contrôler où je mettais les pieds avant de passer commande pour les tuiles, les sacs de CPJ et les matériaux pour les enduits des façades.
Leur mentalité a bien changé depuis l’époque où je venais acheter les matériaux pour construire ma maison, le chenil et le four à pain.

Une fois le paiement effectué, je pose ma question de logistique :

— J’ai besoin de 2200 tuiles canal. Je suis en train d’organiser l’approvisionnement du chantier. Combien y-a-t-il de tuiles par palette, et combien pèse une palette, s’il vous plaît ?

— Tant que ça !

— Oui, mais je me suis peut-être trompé. Pourriez-vous vérifier avec votre logiciel ? Il y a 188 m² de toiture en PST, avec uniquement pose de tuiles de couvert.

Sans rien dire, elle se met à pianoter sur son ordinateur, et au bout d’un moment me lance :

— 2256.

— Et combien y-a-t-il de tuiles par palette ?

Une jeune femme debout derrière elle, et que je n’avais pas remarquée, probablement une stagiaire, intervient :

— 225 .

Elle a trouvé cette information sur un présentoir publicitaire posé sur le comptoir. Il expose une tuile canal en réduction et les informations techniques. Futée la jeune femme.

— Merci Mademoiselle. Ce qui fait entre 8 et 10 palettes selon le nombre de tuiles par mètre carré : de 10 à 12.
Et combien pèse une palette ?

La jeune femme regarde à nouveau la publicité et annonce :

— Elle pèse 725 kilos.

— Un camion de 3,5 tonnes ne suffira donc pas.

— Nous avons un camion de 19 tonnes, intervient la femme plus âgée.

— Mais je n’ai rien pour décharger.

— Le camion est équipé d’une grue. Il déchargera les palettes chez vous.

— Il pourrait même les répartir à différents endroits autour du bâtiment. Cela me faciliterait la manutention pour les amener sur le toit.

— Il y aura une heure de main d’œuvre.

— OK, merci pour ces informations.

Je salue les deux femmes et sors du bâtiment à la recherche d’un magasinier à qui je donne le bon d’enlèvement pour les 5 planches à 10,56 euros pièce.
Où est la caméra ? C’est pour l’émission « Surprise-Surprise » ?

Arrivé chez moi, et une fois les planches « en or massif » déchargées, dont 2 sont vrillées, je vérifie mon impression sur internet.

En grande surface de bricolage : 5,10 euros par planche.

Dans une franchise concurrente de POINT.P : 7,30 euros l’unité.

Mêmes dimensions, même bois, même norme.

Chercher l’erreur !

Acheter ailleurs !