La clé de voûte sociale

L’édifice social tient debout grâce à la confiance. Elle découle d’un apprentissage adéquat du sens social (voir plus bas). Sans confiance, pas de relations sereines et enrichissantes. Pouvoir faire confiance est fondamental dans les relations de couple, au seing d’une famille, avec ses voisins, dans le monde des affaires et du travail, même dans les relations incontournables avec les services publics et leurs délégataires.

La méfiance excessive ou, à l’inverse, l’absence de circonspection (angélisme, crédulité) empêchent des relations heureuses et polluent la vie. On est loin de relations bio !

À une ou deux exceptions, les témoignages du site décrivent des comportements antisociaux très répandus. En voici quelques-uns :

– provoquer des situations qui rendent « fou »,
– trahir la confiance,
– mentir, même par omission,
– mépriser avec le sourire,
– se servir de l’autre comme variable d’ajustement ou comme faire-valoir,
– pratiquer le chantage et le viol émotionnels,
– faire s’apitoyer les autres sur soi pour mieux les contrôler,
– être de mauvaise foi,
– consommer les autres comme anxiolytique,
– ….

Ces violences sont parfois bien cachées au premier abord, souvent derrière des sourires ou une prétention à s’occuper des intérêts des autres sans les consulter. Cela en dit long sur l’état de plus en plus dégradé de la confiance et sur la banalisation des violences morales. Les recherches pour tenter d’en cerner les causes conduisent au même constat :

Les personnes responsables de comportements antisociaux présentent des dégénérescences ou des atrophies du « sens social ».

Le sens social

Le Docteur Alfred Adler (1870 – 1937) a inventé cette expression pour désigner le besoin, inhérent à chaque être humain, de se lier aux autres.

Le sens social, appelé aussi « sentiment de communauté », est une faculté biologique autant que psychologique. De la même façon que le langage, elle doit être éveillée et cultivée. Cet apprentissage devrait se dérouler dans le respect des « lois » naturelles des relations, sans efforts et dès les premiers instants de la vie du bébé, déjà dans l’utérus.

Lorsque le sens social d’une personne n’a pas été assez développé, ou mal développé, elle ressent des faiblesses de sa confiance en soi et de l’estime d’elle-même. Ces carences provoquent des anxiétés : de ne pas être à la hauteur, de ne pas être digne d’être aimée, d’être à nouveau maltraitée, …

Pour ne plus « sentir » les anxiétés provoquées en elle, la personne adopte des comportements en désaccord avec les bases élémentaires des relations humaines : le respect et la confiance, de soi et des autres. De ce fait, parfois sans s’en rendre compte ou convaincue de bien faire, elle malmène et épuise son entourage. Elle provoque de la colère chez les victimes.

Malheureusement, les victimes pensent devoir réprimer cette colère pourtant légitime. C’est ce qu’on leur a inculqué depuis le début. La plupart ont peur de parler. Certaines victimes prennent fait et cause pour leurs tourmenteurs (syndrome de Stockholm). La loyauté envers les « coupables » est d’autant plus forte que les victimes ont été abusées et manipulées dès l’âge du biberon.

À cause de l’absence d’oppositions suffisamment efficaces pour l’arrêter, la coupable continue à faire supporter à son entourage ses comportements aberrants.

La coupable « n’entend » pas non plus ce que lui dit son corps. Il lui indique par tout un tas de symptômes psychosomatiques que quelque chose ne va pas chez elle. Les premiers avertissements corporels sont des tensions et du stress chroniques. À force, la personne finit par ne plus les sentir. Beaucoup cherchent à « oublier » leurs angoisses par des comportements, des relations ou des substances euphorisantes.

La bonne nouvelle

Même si ce fléau social sévit depuis des milliers d’années, il y a des solutions pour les victimes d’abus et de maltraitances psychiques. Elles s’appuient sur des connaissances ancestrales validées par la science, notamment les Prix Nobel de médecine 2009 et de physique 2011.

Les victimes « doivent » restaurer leur instinct et réapprendre à lui faire confiance. Il est capable de détecter les relations blessantes de Soi dès les premiers signes : ces sensations d’avaler des couleuvres, même enrobées de miel.
La partie cognitive du cerveau, celle qui « cogite et contrôle », est une fausse amie.

C’est l’alliance, entre la perception instinctive et cette partie du cerveau qui guide sur le chemin de l’épanouissement et du bonheur. Il s’agit de réapprendre à déambuler pas à pas et en sécurité dans des relations de qualité, doucement baigné dans la chaleur humaine.

Pour renforcer son instinct et l’alliance, il « suffit » de laisser agir l’énergie psychique accumulée grâce aux liens interpersonnels. Ce qu’on appelle : l’amour et plus largement l’égrégore. Les fausses vérités à propos des relations et les anxiétés qui en découlent s’estompent alors sans bruit, sans efforts excessifs. Le cerveau se contente d’observer et de comprendre les processus de ce nettoyage salutaire.

En résumé : il s’agit de renforcer en soi l’alliance entre « sentir » et « comprendre ».
Elle conduit pas à pas et en douceur à l’autonomie et à la sécurité affective.
À la suite de quoi, les angoisses « de ne pas y arriver, de ne pas être digne d’être aimée, d’être à nouveau blessée et de souffrir, …  » disparaissent progressivement, et avec elles les tensions et les stress chroniques.

L’ultime tabou

En lisant les témoignages du site, on se rend compte que les personnes responsables de comportements anti-sociaux sont aussi des victimes. Elles ont subi des maltraitances psychiques dans leur passé, très souvent dès leur enfance.

Pour l’enfant qu’elles étaient, ces maltraitances étaient effrayantes et les plongeaient dans des angoisses dévastatrices. À tel point qu’aujourd’hui, elles sont tellement angoissées de revivre ces angoisses enfantines effrayantes qu’elles font tout ce qu’elles peuvent pour les « oublier », pour que la réalité à propos des maltraitances qu’elles ont subies reste profondément enfouie.

Se pose alors la question de leur libre-arbitre. Sont-elles responsables de leurs actes de maltraitances psychologiques et donc coupables ? Leur passé autorise-t-il, qu’à leur tour, elles maltraitent les autres, même en toute bonne foi ou avec les meilleures intentions du monde ?

Des questions d’humanité

Comment se comporter au contact d’adultes qui se mésestiment ou se laissent restreindre à cause de relations avec des personnes trop angoissées et qui ont, de fait, des comportements anti-sociaux, même derrière des aspects attirants, gentils et sympathiques ?
Et lorsqu’il s’agit d’enfants dont le développement du « sens social », de la confiance et de l’estime de soi ne sont pas suffisamment développés ou sont pollués par des personnes anti-sociales dont ils dépendent ?

Comment se comporter en être humain face à des questions aussi importantes ?
S’il s’agissait de blessures physiques, la réponse serait évidente.
En cas de blessures de l’âme, y a-t-il aussi « non assistance à personne en difficulté » ?
Agir, proposer de l’aide : s’agit-il d’intrusion dans la vie privée ?

Une piste pour trouver de possibles réponses serait de commencer par soi-même.
Redonner toute sa justesse, son lustre et sa puissance à son propre « sens social » en tissant des liens avec d’autres personnes en recherche de Vérités.
Des liens qui libèrent en chacun tous ses talents et ses potentiels, notamment pour inventer ensemble des réponses aux questions ci-dessus.

C’est dans l’échange que ça change.

Les contrôleuses

C’est dans l’échange que ça change … à condition qu’on puisse avoir des échanges, une relation de qualité avec une ou plusieurs personnes. Au-delà de la musicalité de la rime, l’idée plaît à beaucoup de monde. La mise en œuvre est plus délicate. Elle reste le plus souvent au stade de la déclaration d’intention, du bavardage et de l’espoir.

Les échanges sont biaisés et restent lettre morte lorsqu’une personne handicapée du « sens social » phagocyte un groupe, ou une relation duelle.

Tandis que, à l’inverse, quand des relations fonctionnent selon les « lois » naturelles, l’énergie fantastique qui jaillit des échanges (égrégore) permet, à partir de la réalité et des problèmes du passé, d’inventer et de vivre des relations de plus en plus radieuses.

Or, pour une personne anti-sociale, la réalité du passé est trop effrayante. Son inconscient doit à tout prix empêcher qu’elle soit abordée. C’est pour cette raison que les personnes anti-sociales contrôlent les échanges et ne permettent pas que les sujets trop « anxiogènes » à leurs yeux soient abordés. Lorsqu’elles n’arrivent pas à contrôler les échanges, elles les sabotent. Pour empêcher les liens, elles agissent de façon active – contrôle et prise de pouvoir – mais plus souvent de manière passive et sournoise, par obstruction « non violente » ou par propagation de calomnies. Elles ne sont courageuses qu’avec la bouche et dans le dos.

Une personne anti-sociale s’enferme dans un entêtement monotone, dans la crainte de toute nouveauté et l’absurde certitude d’être dans son bon droit.

Que faire ?

Renforcer son propre « sens social » par de véritables échanges avec des personnes « saines » et en sérieuse recherche. Pour être de qualité, les échanges doivent être réciproques, sincères et simultanés. Dans ce cadre, chaque partie prenante y apporte ses talents et est libre de prendre ce qui lui convient, à son rythme, et aussi longtemps qu’elle le désire.

L’apport extérieur d’énergie psychique – une sorte de « magnétisme » – est indispensable, comme lors de n’importe quelle période de convalescence.
Cet apport est aussi nécessaire pour « effacer » les fausses vérités et les angoisses enfantines restées irrépressibles à l’âge adulte. L’apport d’énergie psychique est momentané pour ne pas créer de dépendance ou d’accoutumance.

La personne qui en profite doit garder et amplifier son autonomie. Elle transforme, pas à pas, ses angoisses enfantines en supplément de confiance et d’estime d’elle-même. Comme si ses angoisses étaient des pépites mises en attente, et qu’aujourd’hui la personne avait les moyens de les sortir de leur gangue de boues pour s’enrichir.

Comprendre les mécanismes de fabrication, d’amplification et de transmission des angoisses est très utile pour savoir comment s’en défaire. Comprendre permet d’éviter la propagation, à l’instar d’une pandémie, notamment d’une génération à l’autre. Et surtout, comprendre est nécessaire pour se protéger.

Comprendre permet de se sentir de plus en plus libre et en sécurité derrière des barreaux de protection. Il est possible de s’y réfugier lorsque les risques de contamination par les angoisses des autres sont trop importants.

À l’abri et avec d’autres personnes conscientes des réalités et des voies d’amélioration, le travail consiste à agrandir de plus en plus la « cage de liberté » et diffuser les découvertes.