Christina de Caderousse

Oh ! Oh ! Doucement. Ne vous emballez pas.

Il ne s’agit que d’une « banale » anecdote de violence passive.

Christina de Caderousse n’est pas une princesse, plutôt une souillon sociale. Je ne l’ai jamais ren­contrée. Les seules informations à son sujet m’ont été communiquées par une annonce sur Le Bon Coin : son prénom Christina, son numéro de portable et Caderousse, une localité à côté d’Orange dans le Vaucluse.

Cette personne vend une jument de trait diligencier de 10 ans. 3300 euros de muscles qui semblent en pleine forme. Très grand (1m80 au garrot), son cheval est décrit comme un animal gentil, et sain de comportement. Deux photos montrent la bête attelée à une calèche découverte, menée par une femme dont les traits restent dans l’ombre et lointains. La troisième vue présente le cheval attaché à un arbre, seulement vêtu d’un licol. De beaux aplombs, un dos équilibré, une robe grise rehaussée de touches plus foncées. Belle bête et qui, en plus, serait bien assortie avec ma chevelure !

L’argumentaire précise qu’elle a travaillé deux ans au centre ville d’Avignon, notamment lors de « la festivale », sans être perturbée par la foule, les voitures et les klaxons. Elle a une autre corde à son arc : elle peut être montée.

Cette jument semble correspondre au « partenaire » que je cherche. Elle répond à tous mes critères. Il reste bien entendu à vérifier si « le courant passe », dans les deux sens.

Nous sommes samedi 04 août 2019. L’annonce a été passée le 27 juillet. J’ai donc une chance qu’elle ne soit pas obsolète. Il est 19h30, un répondeur m’informe que « Christina n’est pas … ». Je lui indique mes nom et prénom, la raison de mon appel et mon numéro de portable qui, de plus, s’affiche sur son écran.

Le lendemain, dimanche, pas d’appel de Christina de Caderousse. Pas d’appel non plus de ma part par respect de la vie privée de cette femme.

Lundi 10h00. Nouveau message confié à la messagerie vocale de Christina. Ce matin elle est tombée du trône la princesse de Caderousse. Lors de mon premier appel, je n’avais pas entendu que son patro­nyme est indiqué dans l’annonce d’accueil de sa messagerie. Mais la voix est tellement évanescente, quasi infantile, que l’énoncé de son nom semble provenir des tréfonds d’une oubliette. Il est diffici­lement audible, encore moins compréhensible.

Lundi 10h38. Un SMS atterrit sur mon portable. Christina est sortie de sa léthargie :

Bonjour Monsieur, je viens de recevoir vos messages désolée pour ma réponse tardive. La jument est vendu, bonne journée.

Ma réponse est simple :

Merci de m’avoir informé. Bonne journée.

Je ne suis pas le prince charmant qui, par un baiser, a sorti la princesse du sommeil dans lequel l’a plongée sa marâtre perverse. Qu’est-ce qui l’a fait sortir de son mutisme ?

Peut-être le fait que je vienne une seconde fois toquer à sa porte … ?
Peut-être a-t-elle eu peur que sa porte close ne la protège pas des effractions … ?
Peu importe les pertur­bations de ses ressorts psychologiques, je ne suis pas payé pour les rectifier, s’il y a lieu.

Cette affaire aura été très positive pour moi. Elle a été rapide et m’a confirmé la pertinence des découvertes à propos de la violence passive : compréhension des mécanismes et mise en œuvre de solutions simples.